Je ne sais pas comment s’est passée ta semaine suite à cette belle éclipse lunaire. Pour ma part ce n’était vraiment pas simple. Ma fille de 2 ans 1/2 fait de grosses colères en ce moment et je dois mobiliser toute mon énergie d’écoute et de patience pour l’accueillir dans ses émotions alors que j’étais moi-même chamboulée par des émotions en pagaille qui ressortaient (voir mon post sur Instagram). Je me suis sentie épuisée, j’avais perdue l’envie de tout, j’ai pleuré, angoissé, je touchais un sentiment de vide intérieur qui me donnait envie de rester couchée sous ma couette. En même temps, je viens d’accoucher de mon projet de cœur et je me sens aussi fatiguée qu’après avoir accouché de ma fille ! Alors, je vais materner mon projet (et moi-même) comme mon un jeune bébé vulnérable et prendre le temps.

« Chi va piano, va sano e chi va Sano, va lontano » (qui va lentement, va sainement – qui va sainement, va loin)

Il y a quelques années, je n’étais même pas en capacité d’accueillir cet état puisque j’étais tellement coupée de mes émotions que je sentais rarement la tristesse ou la colère par exemple. Si elles montaient, je fuyais dans l’action. Ça finissait par passer mais je n’avais pas pris soin de l’écouter et de donner de l’amour à ma petite fille intérieure qui tentait de rentrer en relation avec moi.

Depuis ma dépression ante-partum (pendant ma grossesse) et un peu avant, j’apprivoise peu à peu mes émotions. J’ai beaucoup ressenti de désespoir et d’angoisse à cette période. A l’extrême inverse je m’engluais dedans. J’étais passée du barrage qui coupait le flux de la rivière, à l’effondrement du barrage. Moi j’avais juste envie que la rivière se remette à couler normalement.

Comment aujourd’hui je réussis (plus ou moins ….) à accueillir mes émotions sans me laisser submerger par elles ?

Le langage des émotions

J’ai commencé à nourrir et rassurer mon mental sur le sujet. J’ai lu pas mal de livres (liste en bas de page) sur le langage des émotions pour mieux appréhender leurs messages. J’ai appris qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises émotions. Elles sont des messagères de notre inconscient pour nous inciter à prendre soin de nous ou à faire des choix plus en accord avec nous-mêmes.

Vous voyez le ridicule de notre éducation et ses injonctions : « ce n’est pas bien d’être en colère » (à ne pas confondre avec la violence), «n’aie pas peur», « arrête de pleurer », « sois fort », « arrête d’être excité comme ça », « mais non tu n’as pas froid », etc. On nous a empêché de sentir ou on nous a dit que ce que l’on ressentait n’était pas juste ! Par exemple, les cris et les pleurs dérangent. Ils sont pourtant si libérateurs. Comment on peut devenir des adultes autonomes si on nous empêche de sentir et d’exprimer ce qui est juste pour nous

J’ai fait partie de ces enfants (je crois qu’on est très nombreux) non accueillie dans leurs émotions à la maison et surtout à l’école. Ma mère est décédée jeune. Quand c’est arrivé, je suis restée figée. Je n’arrivais ni à crier, ni à pleurer. Je rigolais même le jour de l’enterrement ! Tout s’est enfoui en moi jusqu’à que tout ressorte plusieurs années après. Toute ma colère, ma tristesse, mon désespoir avait besoin de sortir et ça c’est fait de manière très violente pour moi. Enfin, je laissais exprimer mon corps de tout ce qu’il avait gardé enfoui en lui.

Quelques clés sur le langage des émotions :

la colère nous renseigne sur une frustration, une injustice. Elle incite à nous affirmer pour exprimer nos besoins.

la tristesse accompagne le deuil d’une situation. Elle souligne le vide et le manque et nous prépare au renouveau.

la peur aiguise les sens et nous permet de fuir ou vaincre le danger. Elle nous protège (à l’excès elle peut nous paralyser). A savoir : 8% de nos peurs sont fondées : les autres sont une création de notre mental ….

la joie est une douce chaleur qui libère les tensions et nous met en état de communion intérieure et extérieure.

Prends-tu le temps d’accueillir toutes tes émotions ?

Accueillir et libérer tes émotions

Les émotions se manifestent par des sensations physiques : une fatigue, une respiration courte, un cœur qui s’accélère, une sueur, des frissons, une tension à tel endroit, un serrement, …. J’ai appris à nommer ce que je sens : « Là c’est tout raide« , « tout chaud« , « là c’est tout crispé« ,  « je vois une boule noire« , … Rien que de nommer permet à l’émotion d’être entendue. On reconnaît son existence. On ne fait pas comme si elle n’existait pas. Apprendre à les reconnaître, à nommer ce qui se passe dans mon corps est une première étape. On peut commencer à respirer dans ses douleurs, ses tensions. Puis, les pratiques corporelles accompagnent vraiment cette connaissance et la libération émotionnelle. Je pratique régulièrement l’auto-massage avec de l’huile végétale de rose musquée en base et j’ajoute quelques gouttes d’huiles essentielles selon l’état d’esprit du moment, la marche, la nage, le yoga et la Dance Medecine.

J’ai aussi appris à rentrer en dialogue avec elles ou avec ma petite fille intérieure. Je prends le temps de me pauser et je m’adresse directement à mon enfant intérieur: « Qu’est- ce que tu as ? comment je peux t’aider là? comment je peux te donner de l’Amour ? » et j’attends la réponse. L’idée est de devenir une mère pour moi-même. Si mon écoute intérieure n’est pas très bonne, je me fais un tirage d’oracle pour éclairer un peu plus le message de mon corps.Il y a notamment un jeu de carte assez extra pour ça : les cartes du corps de Nicolas et Anna-Ena Bernard (avec qui je pratique la Dance Medecine) qui permet d’avoir un éclairage très pertinent selon la partie du corps qui t’appelle. Je fais aussi régulièrement des voyages chamaniques avec la vibration du tambour. Je pars à la rencontre de mon animal de pouvoir et d’autres esprits alliés. Je pose des questions simples et j’ai souvent la réponse à mes questions sous la forme de visions, de ressentis corporels ou de mots pendant le voyage et/ou un peu après sous forme de synchronicités. Je te reparlerai de tout ça.

D’autres pistes que j’explore : plonger dans un acte créatif : collage, peinture, écriture, …. Il y a tellement de possibilités ! D’autres brodent, sculptent, tissent, jardinent, etc. J’adore aussi chanter : c’est fou ce que ça libère ! Enfin, ce qui me fait le plus de bien ce sont les balades dans la nature. Je me concentre sur chaque pas posé, sur ma respiration, je nomme ce que je vois autour de moi (une feuille, un brin d’herbe, …). Si je suis attentive, chaque élément a un message pour moi et me renseigne sur quelque chose. La dernière fois un rouge-gorge s’est posé sur une branche à 50 cm de moi, rien que de l’observer dans sa délicatesse et sa beauté et je sentais mon cœur s’alléger ! La nature me nourrit, me guérit.

Se relier à ses 5 sens au milieu de la nature :

la vue  : contempler le reflet de la lumière dans les branches, dans l’eau, observes les couleurs, les formes, …

le toucher : sentir la feuille sous ses doigts, le vent sur sa peau, malaxer la terre, caresser une pierre,..

l’odorat : humer l’odeur de la terre, de l’air, d’un tronc, d’une fleur, d’un animal qui passe …

l’ouie : écouter le vent dans les arbres, le chant des oiseaux, ses pas dans les feuilles, le cri de l’écureuil, …

le goût : lécher un bout d’écorce, goûter la terre, cueillir une mûre ou une fleur et la déguster, …

A toi d’explorer et de trouver quelle(s) pratique(s) te font du bien.

Les émotions au cœur des relations

Les émotions sont plus complexes qu’elles paraissent. Elle nous relie à nous-mêmes mais aussi aux personnes et à l’ensemble des êtres vivants (observe comme ta peur peut attirer un chien vers toi). Avec le temps, j’ai aussi appris que certaines émotions ne m’appartenaient pas : j’absorbais celles des autres ou je portais celles de mes aîné(e)s ou de traumatismes de vies antérieures. Je fais régulièrement un travail dans ce sens avec une énergéticienne ou en voyage chamanique. Cela permet de nettoyer et restaurer ses corps énergétiques (aura) et chakras, libérer des veilles mémoires transgénérationnelles (ou karmiques), apprendre à se protéger des émotions des autres.

De plus, mieux connaître nos émotions est essentiel car ne pas ressentir ses émotions, ne pas les exprimer empêchent d’avoir accès à nos besoins et de développer une communication authentique avec les autres. On avance masqué et nous sommes finalement incapables de vivre une relation intime. La communication non-violente (CNV) permet de reconnaitre nos émotions et nos sentiments afin de mettre des mots sur les besoins qui se cachent derrière. Avec la pratique, on se rend compte que la majorité des reproches qu’on formule à l’autre sont en fait des besoins non satisfaits. Et la plupart du temps on peut en prendre soin par nous-même !

Pour terminer, je dirais que le courage est la clé pour avancer vers ce qui nous anime au plus profond de nous malgré toutes ces émotions que l’on peut traverser. Dans ma tourmente, j’ai réussi à écrire cet article pour vous car ce qui m’anime c’est transmettre et je souhaite que cet élan soit plus grand que ma peur.

Pour aller plus loin

Vidéos sur les émotions :

« Tout le monde s’en fou » sur les émotions.

« Désobéir à la tyrannie des émotions » d’Ilios Kotsou

Vidéos sur la Communication Non Violente de Thomas d’Ansembourg

Livres sur les émotions :

« La grammaire des émotions » – Isabelle Filliozat

« L’intelligence du cœur » – Isabelle Filliozat

« Comment apprivoiser son crocodile » – Catherine Aimelet-Périssol

« Pour une enfance heureuse » – Catherine Gueguen

« BD Émotions, enquête et mode d’emploi (tomes 1,2 et 3) – Art-Mella

« Guérir son enfant intérieur »  – Thich Nhat Hanh

« La colère » – Thich Nhat Hanh

« Les mots sont des fenêtres » (CNV) – Marshall B.Rosengerg

« Cessez d’être gentil, soyez vrai » (CNV) – Thomas d’Ansembourg

« Les émotions cachées des plantes » – Didier Van Cauwelaer

Et toi, comment tu fais face à tes émotions ? as-tu des expériences à me partager qui t’aident ?

 

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