Nos ancêtres indigènes ont toujours considéré le cercle comme étant sacré. Je ne parle pas seulement ici du fait de se réunir en cercle, mais de sa forme géométrique qui est une forme féminine. Le cercle étant rond, il englobe la globalité, la complétude du monde. Tous les points, toutes les personnes sont à équidistance du centre, lui-même représenté par l’autel qui, étymologiquement, signifie de ce que l’on place « haut ». Dans le cercle, chacun est égal et est censé contribuer.

Ce que l’on fait à l’un des membres de cercle affect le mouvement du tout. Le fait de prendre soin et se sentir concerné par les autres sont ainsi enseignés par la forme elle-même. Le don plutôt que la compétition, est par conséquent la forme économique naturelle.

Les décisions sont également prises à travers un consentement général et chacun apporte sa sagesse unique et son point de vue personnel. Sont ainsi considérés comme leaders ceux qui aident le mieux à assembler la solution la plus adaptée et la plus bénéfique à tous.

Lorsque l’homme blanc a colonisé le monde, ils ont apporté une autre forme, qui soutenait et enseignait une autre thèse, la hiérarchie. Avec cette forme faite de lignes et de rangs, la personne qui avait le plus de pouvoir se trouvait en haut. Juste en dessous se tenaient des associés proches et ses amis privilégiés. Ceux d’importance moindre encore en dessous avec des rangs de plus en plus longs et à la fin, de nombreuses personnes de peu d’importance qui n’avaient guère leur mot à dire sur ce qui arrivait. Une dictature serait un exemple extrême de ce modèle.

Les peuples amérindiens ont continué à entretenir l’essence sacrée du cercle malgré le terrorisme et le génocide perpétrés à son encontre, car il savait que son pouvoir était vital pour tous, les conquérants inclus. Maintenir vivante la sagesse du cercle sacré a été une tâche monumentale.

La spiritualité féminine et ses valeurs – prendre soin, nourrir, entretenir de bonnes relations avec les autres, protéger le vivant – sont vitales pour nous tandis que nous tentons de construire un monde harmonieux, là où les valeurs patriarcales nous ont amenés au bord de l’extinction.

En 2012, les aînés hommes de sociétés primordiales du monde entier ont passé le relais aux grands-mères en leur disant : « Votre temps est venu . Le temps du Féminin est arrivé ». Et ce ne n’est pas trop tôt ! Car jusqu’à ce que nous changions nos valeurs de base et l’orientation de nos cultures, nous ne ferons pas assez rapidement les changements nécessaires pour éviter un effondrement social, économique et écologique.

Le merveilleux côté féminin des sociétés matrifocales, celles centrées sur les mères et les enfants, vient du fait que leur principe de base est de nourrir et de prendre soin de TOUS. Les dons uniques de chacun sont utilisés pour servir la communauté et les besoins de tous sont pris en compte. Les hommes autant que les femmes et les enfants prospèrent dans un climat de soutien, de coopération et d’égalité.

Le souvenir de la Terre-Mère et des « Toutes nos Relations » (règnes minéral, végétal, animal, humains) en tant que socle essentiel de notre être nous ramènera ainsi vers l’harmonie du puissant flux de la Vie.

Et tandis que les femmes prennent leur autonomie en créant du temps et de l’espace pour prendre soin d’elles et se régénérer dans des cercles de femmes, elles développent aussi leur incroyable sensibilité : leurs qualités divinatoires et visionnaires pour guider leur communauté. Les grands-mères sages deviennent une force directrice par leur dévouement à faire respecter les enfants de toute la Vie, une fois leurs propres enfants élevés.

Les hommes tout autant que les femmes doivent s’éveiller et sortir de la transe de la compétition et de la destruction pour trouver le Féminin en eux. Les leaders hommes, capables et puissants dans leur côté masculin doivent aussi exprimer leur féminin profond dans leur mission pour pouvoir nourrir, servir, et protéger toute leur communauté.

Au début était le Féminin, la matrice obscure du potentiel infini qui donne naissance à la Vie à partir de Rien. Au début de l’humanité, les personnes vivaient si proches de la Terre et de la nature qu’honorer le Féminin, la Terre-Mère et les femmes leur était naturel, et non une idée intellectuelle. Puis, il y a environ 10 000 ans, des sociétés guerrières patriarcales vouant un culte au soleil ont renversé ces anciennes cultures plus pacifiques. Depuis, nous vivons à travers ces valeurs qui nous ont amenés vers la destruction de la planète et un effondrement écologique. Quelque chose de nouveau est nécessaire et les grands cycles du temps nous ramènent vers LE TEMPS DU FÉMININ.

Enseignement de Brooke Medicine Eagle, auteure de Marcher sur le chemin sacré de la Femme Bison Blanc et The Last ghost dance.

Extrait de la préface du livre « Les Sagesses du Cercle » –  Claire Jozan-Meisel (voir le lien de son site internet sur ma page « à propos »)

elit. luctus Aliquam id, Phasellus libero massa Nullam ut