Ma rencontre avec le féminin a eu lieu en 2015 lors du Festival du Féminin à Paris. J’avais déjà été invitée en 2014 mais je ne voyais pas trop ce que je pouvais y apprendre. Et puis ça me faisait un peu peur d’être entourée essentiellement de femmes pendant 3 jours ! Je pensais avoir compris ce qu’est « Être une femme ».

J’avais déployé tous les attributs extérieurs du féminin (garde robe à la mode, maquillage pour me mettre en valeur, épilation pour avoir la peau douce et impeccable). Ouf je rentrais dans le moule : corps mince, tête bien faite et auto-dérision pour plaire aux hommes et à la société. J’avais une vision assez superficielle de la féminité et je pouvais même percevoir ma féminité comme un handicap. Du coup, je me la jouais plutôt rebelle dans ma vie sociale pour éviter d’apparaître comme une femme soumise et fragile (ce que j’étais dans la vie intime). Dans ma vie professionnelle, j’usais de mes pouvoirs masculins pour asseoir une pseudo-autorité. Néanmoins, hypersensible, je souffrais de l’injustice que j’observais tous les jours et je ne pouvais masquer mon empathie naturelle (qui est un fabuleux pouvoir féminin !). Plus elle prenait de la place, moins je trouvais ma place dans cette société. Je me sentais tellement en décalage qu’après 13 ans de bons et loyaux services je quittais ce monde de l’entreprise privée dirigé par un masculin blessé.

C’est à ce moment là que je m’élançais, sans le conscientiser au départ, dans la reconnexion à mon féminin. Je me suis inscrite à ce festival. Je ne savais pas quoi y trouver mais l’appel était fort. Ce fut pour moi une révélation émouvante. De conférences en ateliers, je comprenais que ma lignée de femmes ne m’avait pas transmis grand chose de positif du féminin. Ma mère était tellement tétanisée à l’idée que je devienne une femme qu’elle faisait tout pour que je reste une petite fille et me cachait les sujets « tabous » à ses yeux : les règles, le corps de la femme, la sexualité, la maternité et son lot de désenchantement.

Je remercie la vie de m’avoir mise sur ce chemin de (re)découverte. Cette transmission de femmes à femmes m’apporte tant. J’ai participé à ce festival 3 années de suite ! J’y ai rencontré des femmes extraordinaires : Daniele Flaumenbaum, Delphine Lhuillier, Imanou Risselard, Marie-Pénélope Péres, Efféa Aguiléra, Isabelle Challut, Claire Jozan Meisel, Sylvie Bérubé, Paule Lebrun, Dominique Owen,  … qui m’ont permis de faire connaissance avec la femme ou plutôt les femmes qui viv(en)t en moi.

Les Cercles de Femmes

Peu après mon premier festival, j’ai commencé les cercles de femmes avec Claire Jozan Meisel de Luna Femina. Un cercle de femmes se déroule une fois à deux par mois généralement aux moments de la nouvelle lune ou de la pleine lune. C’est un moment de partage entre femmes sur des sujets qui touchent à tous les aspects de nos vies de femmes. Il n’y a pas de place aux conseils dans cet espace. Il peut y avoir quelques enseignements sur le féminin mais l’objectif premier est l’Écoute. Chaque femme prend la parole (si elle le souhaite) et est écoutée par les autres femmes en silence.

Se sentir écoutée et soutenue par le groupe, dans un contenant tenu par une gardienne pleinement présente à ce qui se passe dans une attitude bienveillante, m’a permis de déposer les choses qui m’encombraient et voir émerger des blocages que je ne soupçonnais pas. Écouter d’autres femmes raconter leurs difficultés m’a rassuré sur ce que je traversais et me reliait de plus en plus aux autres femmes. J’ai pu arrêter de me mentir à moi-même sur certains sujets que j’évitais soigneusement. Je me suis sentie moins seule dans mes difficultés de femmes. Ce que j’y ai livré est plus profond qu’avec des amies car il n’y aucun jugement dans cet espace. C’est un moment précieux et hors du temps où les paroles se déposent en douceur. Ces cercles sont essentiels pour permettre aux femmes de libérer leur parole, leurs mots (maux) et tisser un lien de sororité entre elles.

Ton corps de femme

Se reconnecter à ton féminin passe aussi beaucoup par la reconnexion avec les parties de ton corps propres à ta nature féminine : tes seins, ton sexe et tes organes féminins. J’ai apprivoisé peu à peu l’anatomie de ma yoni (vulve et vagin) et de mon utérus. C’est encore un long chemin de réappropriation pour moi. Je prends conscience de la richesse de mon corps de femme et je rentre en contact avec ces parties de mon corps avec ma respiration, la visualisation, le toucher. C’est très émouvant. Je reconnais enfin mon trésor dont j’ai envie de prendre soin. J’apprends à écouter ce dont ces parties de moi ont besoin : massage, caresses ou juste être tranquilles. J’ai appris à faire preuve d’une grande patience vis à vis de mon corps car les blessures du féminin que j’ai eu dans cette vie et que je porte de mes lignées sont nombreuses : naissance non désirée, viol de l’intimité, humiliation, rejet, abandon, injustice, tabou des règles, relations pas vraiment consenties, fausses couches, avortement, accouchement difficiles,… la liste est longue.

Pour aller plus loin dans cette réappropriation, j’ai reçu plusieurs soins de bénédiction de l’utérus par une Moon Mother (personne qui a reçu l’initiation de Miranda Gray pour faire une bénédiction auprès d’autres femmes) qui m’a permis de me relier à mon centre : l’utérus. Il est notre chaudron créateur. Il est le berceau de la vie et de nos projets. Je pratique désormais de manière autonome ce soin rituel qui relie 5 fois par an plus de 200 000 femmes à travers le monde. Si tu veux en savoir plus sur, j’ai écrit un article sur ce rituel de bénédiction de l’utérus qui te guide pas à pas pour mettre en place le rituel chez toi.

Ton cycle féminin

Est-ce que tu portes attention à tes cycles ? Te souviens-tu du jour où tu as eu tes premières règles ? quelles ont été les réactions autour de toi ? Cela parle beaucoup de notre histoire et de celles des femmes dans notre famille. Pour ma part, mes règles sont arrivées tardivement dans ma vie de femme et elles n’ont pas été vraiment célébrées. Je dirais même l’inverse. Il fallait mieux se cacher. Je n’ai jamais eu un cycle très douloureux, j’ai pris une pilule qui coupait mes règles. Je vivais de la même manière avec mes règles ou sans mes règles. Quand j’ai arrêté de prendre la pilule, j’ai commencé à avoir un nouveau rapport avec mes lunes (c’est un terme plus joli que les règles non !). Le syndrome pré-menstruel était plus présent. Mon corps se mettait à me parler alors que j’avais coupé toute communication pendant 15 ans ! J’avais besoin de l’écouter et de me reposer.

Puis, avec la rencontre avec cette Moon Mother, j’ai commencé à prendre conscience de ma nature lunaire et cyclique. J’ai lu « Lune Rouge » de Miranda Gray et  j’ai commencé à tenir un calendrier de mes lunes et en y inscrivant le jour de mes lunes, mais aussi mes humeurs, mon énergie chaque jour de mon cycle. J’ai de plus en plus accepté le repos pendant la période de mes lunes et j’ai observé pendant le reste du cycle mes envies d’activité ou de repli. Mon cycle s’est harmonisé peu à peu : moins de douleurs, plus de régularité, plus de douceur. J’ai compris que dans mon cycle féminin résidait toute la beauté de ma nature de femme pleinement reliée aux rythmes de la Terre et à la cyclicité de la Lune. Je vis les saisons à l’intérieur de mon corps chaque mois. Je vis une période croissante (de la fin des règles à l’ovulation) et décroissante (de l’ovulation aux règles) tout comme la Lune. Chaque mois je vis et je meurs. La puissance des femmes réside dans ce cycle et dans notre nature changeante. L’accepter est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire. Nous ne pouvons pas être des êtres linéaires et d’humeur égale, cela tue notre nature même.

Honorer ta diversité

Les femmes sont si différentes tant dans leur apparence que par les archétypes qui cohabitent dans leur psyché. Il semble bien compliqué de se connaître ! Qui sommes-nous au cœur de cette diversité ? Les anciennes traditions ont manifesté cette palette d’expressions féminines par des déesses aux différents attributs. Par exemple, l’une d’elles s’occupait uniquement de son foyer, alors qu’une autre se mettait au service du temple, etc. Or, toutes ces femmes vivent en chacune de nous .

Je te propose d’explorer 4 archétypes féminins pendant quelques jours grâce aux enseignements de Marianne Grasseli Meier avec la roue de la femme qui te permet d’explorer plusieurs de tes facettes par direction :  la femme de l’est, la femme du sud, la femme de l’ouest, la femme du nord. Dessine-les. Danse-les. Laisse-les te parler. Elles ont chacune des caractéristiques reconnaissables. Ces femmes sont faites de lumière et d’ombres. Ose les accueillir toutes, même celles que tu ne connais pas encore. C’est ici !

Je te souhaite une très belle exploration !

Et voici quelques livres qui pourront te guider sur ce chemin merveilleux :

livres sur le féminin

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